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Femme avec une tête de voiture.
Illustration signée Tartine, retrouvez la sur : Instagram

          Jessica, c’est ma copine ! Certes, dans « copine », il y a la seconde moitié du mot, mais dans son cas, c’est hors de propos. Non, Jessica relève d’un autre genre de copine. Enfin, moi, je l’aime bien, et je goûte fort peu qu’on la tourmente. Et certes, dans « tourmente », il y a la première moitié du mot, mais croyez-moi, dans son cas, il faut du temps pour en faire le tour. Cependant, là n’est pas la question. C’est ma copine, voilà tout.

Avec une certaine régularité, nous nous retrouvons à La Table de Suzon, un boui-boui local, charmant au demeurant, pour partager une crêpe sarrasin à l’andouille, et discuter de ci de ça et autres choses de la vie.

Mais cette fois-ci, Jessica débarque avec une tronche de six pieds de long. Et vu ladite tronche, la mesurer avec les pieds, c’est bien la moindre des choses. Enfin, ce n’est pas la question.

- Jessica ? Bah alors ? Tu fais une tronche de… Quoi ? Un… Deux… Trois…

- Eh ! Oh ! Vire-moi tes pieds de là ! Pauvre con ! Je ne suis pas d’humeur pour tes conneries.

- Eh bah, merde alors ! Où est passé ton sens de l’humour ? Tu l’as mangé, lui aussi ?

- Eh ! Oh ! T’es con !

Pour ne rien vous cacher, Jessica et moi, on a l’amitié taquine. Enfin, ce n’est pas une raison pour lui lancer des fions à la gueule ! Et je ne parle pas de moi, vous allez voir. En attendant, j’y suis peut-être allé un peu fort, vu qu’elle se met à chialer toutes les larmes de son corps. Et ça en fait, des seaux.

- Jessica, non, ne pleure pas… Tu vas dégueulasser la nappe ! – Pour cause, son mascara n’est visiblement pas waterproof.

- Mais ce n’est pas la question, la putain de nappe ! Je vais te dire ce qui se passe : j’ai pris une disquette !

Mon interrogation face à ce mot inconnu n’a d’égale que ma sollicitude pour la pauvre nappe, qui passe du blanc au noir.

- Diantre ! Une disquette ? Encore un technophile ?

- Mais qu’il est couille, lui ! – Faut dire qu’elle en a du vocabulaire, la Jessica. Certaines mauvaises langues prétendent que c’est à force de « manger les dicos ». – Non, une disquette, c’est quand tu dis un truc gentil à quelqu’un.

- Mon Dieu, mais c’est atroce !

Faisant mine de ne pas entendre mon sarcasme, elle se saisit de la nappe déjà souillée pour se moucher dedans. Il en ressort un dessin impressionniste de son visage. Outre les deux grands traits rouges des lèvres, on distingue, autour du mollusque central (dans la zone du nez), deux ronds rouges du blush des joues ; au-dessus, le noir du mascara ; encore plus haut, le bleu du fard à paupières ; et plus haut encore, le marron du crayon à sourcils. Je fais mine de ne pas remarquer sa lithographie du portrait d’Achille Zavatta et j’embraye :

- Bon, mais quoi ? Parce que… Bon, pas que ça à foutre.

- Une disquette, c’est une formule ! Le mec t’arrête dans la rue, te jette un regard pied-tête avec un bel air de baiseur, et lance un machin dans le genre… Tiens, dans ce genre : « On devrait t’arrêter pour excès de beauté sur la voie publique ! »

- … Donc, comme en informatique, les disquettes, c’est de la merde ?

- Bah… Tu sais… Parfois, ça fait plaisir… C’est une petite attention, puis on se sent belle...

- Alors pourquoi tu dégoulines sur la foutue nappe qu’est foutue ?

- Ce n’est pas la question, la foutue nappe ! C’est que là… C’était une disquette, oui, mais du genre qui ne fait pas plaisir.

Et Jessica se remouche dans la nappe, à un autre endroit, non loin du premier jet. Encore deux coups comme ça, et j’aurai un Andy Warhol gratos. Mais plutôt Marilyn MonGros.

- Allez, pose cette œuvre, et raconte-moi cette fameuse disquette qui ne fait pas plaisir.

- Eh bien… *Snif !* Je croise un type *Snif !* charmant, un bel homme. *Snif !* Il me fait le regard pied-tête, alors je me dis : « Chouette ! » Il prend un bel air de baiseur, du coup je pense : « Super, il va me sortir une disquette. » Et ça ne manque pas, il me dit : « Dis donc, toi, ton père, ce ne serait pas un voleur, par hasard ? »

- Oh ! J’ai ! J’ai ! C’est parce que : « il a volé toutes les étoiles du ciel pour les déposer dans tes yeux » ?

- Non… C’était parce que : « t’es maquillée comme une voiture volée, grosse pute »…

- Oh, le salaud ! Alors qu’en plus, tu lui aurais rien fait payer !

Vous avez aimé ?

Ainsi va la complicité ! Jessica et moi partageons, outre les crêpes de Suzon, un amitié taquine. Alors forcément, les disquettes odieuses qu’elle reçoit nous font passer des rires aux larmes. De vexation pour elle, d’hilarité pour moi. Alors, de qui suis-je le complice ? Mais ces insultes mal placées serons oubliées demain ! L’amitié, l’humour et les anecdotes sont notre lien, et qui aime bien châtie bien.

Si vous avez aimé cette grosse disquette de bâtard, n’hésitez pas à :

  • Cocori-commenter : un mot d’esprit vaut mieux qu’un long discours – dites-nous ce que vous en pensez, ou ce que vous aimeriez lire ensuite.

  • Picorer d’autres histoires : découvrez « La belle au bois de Boulogne : conte pour prince moderne » – déjà en libre lecture sur La Plume du Coq.

Continuez à lire notre littérature grivoise, à la partager, et surtout… Cocoricouille !

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